EN MODE MACHALLAH… (SIGNIFICATION, DÉFINITION, TRADUCTION)

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Mais pourquoi tant de « Machallah » depuis peu dans la bouche des gens qui nous entourent ?

Petit, avais-je entendu Papi, Mamie et tout leurs amis déclamer cette expression à tout bout de champ dans le salon ? NON.

Me voilà partie à la chasse au savoir, direction…  le même salon pour poser une question honteuse en l’an 1434 : « Heu… et sinon, Machallah, ça veut dire quoi ? ».
Désert, personne pour répondre, je veux dire, personne dans le salon. L’honneur est sauf.

Je fonce, tel un étudiant qui cherche à comprendre, à savoir, direction la plus grande bibliothèque de mosquée de mon quartier : Google et ses forums par milliers.
Je dépose mon portable sur la nappe immaculée de la table du salon, en prenant soin de l’orienter en direction du soleil… pour ne pas avoir à subir de reflet inopportun en cette journée ensoleillée.
Bouton « ON », Navigateur, clic, Favoris, clic, Google, clic, M, A, C, H, A, L, L, A, H… Ô surprise, ma requête tapée semble être à la mode.  A l’instar du culte des animateurs télé du PAF, le moteur de recherche me propose automatiquement « Machallah Signification ».

Sur le net, les ignorants se sentent tout de suite moins seuls, mais ils font aussi de sacrés sacrés dégâts.

Ce que j’aime dans les forums A-la-Salaf’-style, c’est qu’on y croise les mêmes stéréotypes qu’à la sortie des mosquées. Il y a le converti, le natif moderne, l’instruit, l’immigré, l’érudit. Dans la vraie vie comme sur internet, on ne croise que trop rarement, l’exégète.

Le converti avec ou sans sa panoplie « A-la-Salaf’-style ».
Le converti est victime de crise de tics de langage A-la-Salaf’-style. Soyons précis, le converti ponctue ses phrases de : 25% de Machallah, 50% d’In ch’Allah, 10% de Staf’Allah, 10% de Bismi-Allah. Les 5% restant sont des points d’exclamation, d’interrogation ou de suspension. Avec la somme de toutes ces expressions, une conversation écrite avec un converti prend 20% de place en plus sur un écran.

Le natif moderne est un geek gominé stylé.
Novice en religion mais expert en technologie. Il porte toujours sur lui un smartphone avec un fond d’écran stylé A-la-Salaf’-style et surchargé d’applis religieuses stylées lui rappelant quoi dire, quoi faire, comment le dire, comment le faire, à toute heure du jour et de la nuit, dans toutes circonstances, même les plus incongrues.
Qui n’a jamais entendu un mobile technologique faire un appel à la prière coincé dans la poche d’un jeans rabaissé, dans un chiotte fermé à clef ? Stylé disais-je.

L’instruit, le plus pertinent. Il dit peu, il dit bien.
Il me rappelle ces stoïques ceintures noir sans dan, qui prennent humblement le temps de rappeler à l’ordre toutes ces ceintures blanches enflammés qui s’imaginent capable de bondir à 3 mètres du sol pour lancer un coup de pied franc, mais qui se retourneraient la cheville, enflée dés les 15 centimètres de hauteur atteint d’un sursaut d’orgueil.

L’immigré, aussi appelé « El Doctor Professor ».
Auto-proclamé « Docteur es Arabe Littéraire et Professeur Honoris Causa d’Étymologie et d’Élocution Orientale »… Wouawou !!! rien que ça.
Il est le seul capable de reprendre avec passion sur un forum, l’orthographe d’une traduction pourtant phonétique d’un mot arabe.
Je disais « Wouawou !!! » mais attention ! Ce maître en tirets, apostrophes et accents en tout genre serait capable de me reprendre sur ce site pour HURLER de toutes ses majuscules que cette onomatopée porte une origine orientale et s’écrit correctement « Uoua-uouh », correspondant à une simple succession de deux « Uoua », dernière lettre de l’alphabet arabe. (Et sinon, éternel célibataire, il galère pour trouver une meuf, alors il traine sur les forums A-la-Salaf’-style)

 L’érudit… et tu te tais.
Il écrit beaucoup, il démontre beaucoup. En fait il démontre surtout le puits sans fin de ton ignorance. Quant tu le lis, tu sens bien qu’il t’arnaque, ta raison voit bien des failles dans le cheminement de ses déductions, tu aimerais le contredire. Mais de ton objection il trouvera toujours le moyen d’approfondir la mesure de l’abysse de ton ignorance. Alors tu te tais.
Tu te consoles tout de même à voir que personne ne le contredit, soit qu’on préfère le laisser parler tout seul. Soit que tout le monde partages un même niveau superficiel du savoir.

 L’exégète, le meilleur d’entre tous.
Lui seul peut faire fermer son clapé clavier à l’érudit. Mais il n’est pas commun d’en croiser dans une « bibliothèque on-line A-la-Salaf’-style ». Pourquoi viendrait-il sur un site où lui n’a rien à apprendre ? Imaginez seulement s’il venait à y poser une question telle que : « Mis à part son antériorité dogmatique, quels puissants arguments le NéoMutazilisme peut légitimement opposer au Salafisme ? » … BOOM !!!
BOOM ? C’est le bruyant silence qui terrorise les forums. Ce type de fil ouvert où même un érudit n’oserait risquer sa réponse…
Mais s’il n’y a pas de réponse, ni de contradicteur, les sites A-la-Salaf’-style fermeraient faute d’intervenants, donc de visiteurs, donc d’internautes, donc d’audience, donc de publicités, donc d’argent.
L’exégète n’est jamais le bienvenu sur internet, il tuerait le business.

Car comme toute bonne bibliothèque (haut lieu de la drague communautaire très couru des doués d’esprits et protégé des ignorants par des rayons de livres),  rappelons que la plus grande bibliothèque de mosquée de mon quartier abrite des sites et forum A-la-Salaf’-style qui sont tous sponsorisés par de la publicité.

En plus de Google, il y a des pub pour des sites de rencontres communautaires, des opérateurs téléphoniques spécialistes du Maghreb, des Négafas, des salles de mariage et DJ bon marché, des traiteurs Halal garantie halal sans viande de cheval, des agences de voyages low-cost spécialisées sur les destinations du Moyen-orient.

Mach’Allah, tout semble fait pour que si une personne pose une seule question sur un fait religieux, il/elle finisse marié(e) avec un membre de ta communauté, bien sous tout rapport.

Mach’Allah rencontré sur internet et contacté sur un site dédié A-la-Salaf’-style, ils communiques ensemble par téléphone par delà les frontières, pour pas trop cher grâce à un opérateur A-la-Salaf’-style.

Mach’Allah, pour la grande fête A-la-Salaf’-style, ils ont LA Salle de rêves les plus modestes, avec un traiteur en retard et un service rempli qu’à moitié, mais négocié à moitié prix de presque gratuit.

Mach’Allah, ambiance musical A-la-Salaf’-style garantie par le DJ jusqu’à ce que la pièce montée arrive pour qu’ils puissent tous ensemble et rapidement la démonter.

Mach’Allah, le couple danse et danse encore, c’est un rite nuptial.

Lui, mach’Allah tout sourire, en nage depuis des heures dans son unique costume sur-mesure confectionné au bled par des tailleurs de prêt à porté chinois avec des cotes dictées au téléphone par sa grand-mère et notées sur un bout de papier journal par un apprenti expert en stage de découpe de tissus.

Elle, mach’Allah splendide, portant avec élégance sa série de robes de mariée mal lavées teintées de sueur de précédentes victimes de ces mariages en série A-la-Salaf’-style. (Elles aussi s’étaient perdues sur internet lors d’une recherche sur les mots tel que « Dîne », « Finance islamique » et … « Machallah »).

Mach’Allah le couple est amoureux  et ne pense plus à ce crédit contracté à 9,92% sans assurance et consenti pour l’occasion et pour longtemps.

Mach’Allah grâce à ce voyage ini-sciatique entre êtres épris, bien calé au fond d’une seconde classe low-cost, ils partent pour 16 heures de vol indirect en direction de la Mecque pour atterrir plus précisément à « Las Végas A-la-Salaf’-style », la bien nommée  Dubaï.

Mach’Allah Dubaï, son soleil, sa forêt de climatiseurs. Dubaï et ses boutiques brûlant cartes bleu, économies et crédits aussi sûrement que ses rares espaces d’ombres de la journée shopping.

Mach’Allah Mach’Allah !! Ils sont de retour en France chargés de valises et sans souvenir sinon les prix de l’excédant de bagages….

Reprenons le fil de notre questionnement initiale : Alors que signifie Machallah ?
La question est importante…
Elle est posée naturellement en premier lieu sur internet et d’abord sur Google. Etudier les statistiques des requêtes de Google nous apprends de bien belles choses :  

Comme le montre ces graphiques dont le lien vers la source est accessible ici.

Répartition de la recherche de Machallah dans le monde : 
Répartition géographique de l'intérêt de Machallah dans le monde
Dans notre planète, l’intérêt de Machallah semble n’être perceptible que presqu’exclusivement en France et particulièrement depuis le second semestre 2010.

Répartition de la recherche de Machallah en France
Répartition géographique de l'intérêt de Machallah en France

Dans notre contrée, l’intérêt de Machallah varie selon le territoire. Certaines régions semblent savoir (puisqu’il n’y a pas de recherche) d’autre être dans l’ignorance totale (puisqu’il y a beaucoup de recherche). (Evidemment, nous pouvons aussi conjecturer que l’expression n’est pas utilisée dans les régions où on ne recherche pas sa signification)

Termes associés à la recherche de Machallah
Termes associés à Machallah
Les termes associés sont principalements : Traduction et Signification. Traduction étant devant signification, la recherche est principalement réalisée par des non arabisant.

Evolution de l’intérêt de la recherche sur Machallah
évolution de l'intérêt de Machallah sur Google
L’expression est mesurée depuis 2004 et mesurable depuis 2007. En croissance chaque année avec quelques saisonnalités, on note un record lors de l’Aïd 2012. Pic à partir duquel le nombre de recherche sur Machallah est en baisse constante.


MACHALLAH SIGNIFICATION
(enfin)
Ne serait-ce que pour vous aider à vous marier, je vais vous laisser chercher la signification de cette expression.
J’espère vous aider à concrétiser l’amour devant le tapis roulant d’un vol retour «Dubaï-Paris».

Pour conclure ce billet, je vous propose de voir ce clip tout entier dévoué à la douce expression « MASHALLAH MASHALLAH » (et qui aurait pu fausser les statistiques).

ALLORAMADAN

JE VOUS DEFENDS !

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La caricature est une création humoristique acide amer visant à exagérer les traits et détails, pour mettre en valeur et donner un sens comique au message exprimé par l’auteur.

Charlie Hebdo caricature en premier lieu la France, les Français, tous les Français, les politiques de droite comme de gauche et les extrêmes, mais aussi les USA, la Russie, la Chine, le conflit IsraeloPalestinien, et les corrompus de toutes parts.

Combien d’excellentes caricatures sur Ben Ali, Moubarak, Kadafi, Hussein ou Ahmadinejad et les Dictatures d’Afrique noir ?

Un journal satyrique a le droit sinon le devoir d’exprimer avec  humour les résultats de l’élection démocratique du peuple tunisien. Surement ont-il été inquiets par la victoire d’un énième parti dit « religieux », qui utilise les mêmes ficelles que leurs homologues dans les pays voisins. L’arrogance de se penser comme un « Parti de Dieu… » n’est-elle pas plus choquante et blasphématoire qu’un dessin interpelant le lecteur des craintes associées ?

En théologie comme dans son parcours tout au long de sa foi, le questionnement et la critique sont une nécessité. Oui un journal a le droit, nous avons tous le droit de critiquer les textes des religions. La charia, comme tout texte, est critiquable par l’exégète comme par tous les membres d’une famille. J’avoue être bien incapable et je refuse même de défendre l’ensemble des principes de la Charia.

 

Charlie Hebdo défonce dans toutes ses parutions les religions, les clergés, les religieux des livres et plus rarement les musulmans.

C’est aux représentant de la mosquée de Paris que l’on doit la responsabilité d’avoir ouvert la boîte de pandore des caricatures musulmanes sur Charlie. « Voulez-vous que nous traitions vraiment toutes les religions à égalité ?» avait demandé l’avocat du journal au camps de Dalil lors du procès bêtement intenté contre Charlie. Il a été alors rappelé dans le prétoire le nombre de caricatures et de Unes sur les religions. Principale cible des caricatures : le christianisme puis loin derrière, avec un nombre réduit de dessins, on retrouve des créations portant sur le judaïsme et l’islam…

Il aurait été préférable que les « autorités religieuses musulmanes de France» rappellent que d’un point de vu « théo-logique », il ne peut y avoir de caricature ou de dessin/photo/vidéo du prophète. D’abord parce qu’aucune image du vivant de cet homme n’existe et surtout parce qu’il est interdit d’idolâtrer.

Etre musulman nécessite de resté maître de l’interprétation symbolique que l’on souhaite donner à une oeuvre. Pour cela, aucun effort surnaturel n’est nécessaire sinon la capacité de raisonner et de comprendre que dans l’Islam, pour un musulman, le symbole ne peut être la forme puissante du fond.

 

Où se cachait « le diable » dans les caricatures Danoises ?

Dans les traits des dessins réalisés par une bande de créatifs plus ou moins inspirés ? Dans l’âme du rédacteur en chef du journal danois dont aucun d’entre nous ne peut épeler le nom ? Dans l’ensemble de la rédaction, des journalistes, des maquettistes de ce journal ? Dans les habitants du pays tout entier où est édité ce journal ? Le diable se cache-t-il dans le continent qui abrite ce « petit » pays et tous ses autres voisins ?

Non ! Dans les caricatures Danoises et dans les dernières de Charlie, le diable se cache dans les regards et principalement le notre.

Brûleriez-vous la chapelle Sixtine sous prétexte de l’œuvre de Michel Ange ? Voyiez-vous « Dieu » dans les 3 statues de Bouddhas de Bâmiyân détruites à la dynamite en 2001 par les Talibans ? Fallait-il se sentir blessé par les caricatures Danoises sous prétexte de blasphème ?

Personnellement, trait de génie, chef d’oeuvre ou médiocrité… quelque soit la peinture, la sculpture ou le dessin traitant du religieux, nous devons rester au dessus et ne ne devrions jamais nous sentir blasphémé.

 

Brûler un journal est un acte d’autodafé, c’est inqualifiable et cela nous ramène toutes et tous aux périodes les plus sombres de l’histoire et de l’humanité.

Liberté, je chéri ton nom et ton prénom aujourd’hui s’écrit Charlie.

ALLORAMADAN